Autonomie et résilience des communes rurales

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publier par le cercle alimentation/résilience (documents sosmaires)

Alimentation

4,3 L par français par jour, c’est la moyenne de consommation de pétrole, en France.

A votre avis pourquoi la géopolitique peut vider votre assiette ?

Un peu moins que ces 4,3 L et il y a forcément un secteur d’activité économique qui sera sacrifié. 
On choisit quoi ?
La santé ? On achemine moins de médocs, qui meurt sacrifié ?
Les transports routiers ? Les supérettes se vident ? Qui mange moins ?
Les gens ne vont plus bosser ? Quel salaire reçoivent-ils ?
Etc… etc…

CONSTRUIRE LA RÉSILIENCE ALIMENTAIRE DANS CHAQUE COMMUNE OU ALLIANCE DE COMMUNES EST UNE PRIORITÉ ABSOLUE.  MAINTENANT !

Imaginez que l’approvisionnement des magasins de votre commune ou de ceux proches soit bloqué …

Alimentation (production locale, stock de semences, engrais, rations de survie, savoir faire, stockage des productions, distribution, mise en place de jardins maraîchers communaux)

Il est de plus en plus évident à nos yeux que le collapse se rapproche et qu’aucune commune n’est réellement autonome et résiliente.

Nous  proposons aux Maires et aux conseillers municipaux de réfléchir rapidement à la mise en place de l’organisation nécessaire afin de produire les aliments de base nécessaires à la survie de sa population en cas d’effondrement. Mais lorsque celui ci aura lieu, il sera trop tard pour s’organiser.

Deux approches:

La mise en place d’une régie communale agricole est un projet qui peut  être mis en œuvre très rapidement.

La régie est un établissement public chargé de la gestion d’un service public dans laquelle la collectivité compétente assure avec son propre personnel la gestion du service. Les collectivités territoriales peuvent constituer une régie pour l’exploitation directe d’un service public industriel et commercial

 Les démarches se présentent ainsi :

– Décision de la commune (modèles existants et adaptables d’Ungersheim, Loupiac, Mouans-Sartoux) sur la forme juridique de l’acquisition ou la location d’une exploitation et de la régie

– Une fois la régie agricole communale envisagée, un comité de pilotage est créé pour rechercher des partenaires financiers (il peut s’agir des habitants de la commune)

– Achat ou location de terres agricoles, ou utilisation des ressources foncières communales. Il faut compter 1 ha de terres cultivables pour 100 habitants. Un contrat avec un agriculteur exerçant sur la commune, si possible spécialiste en permaculture (difficulté prévisibles d’approvisionnement en engrais dans le futur) est également envisageable. Dans ce cas l’agriculteur reçoit un revenu complémentaire lui permettant de vivre dignement, lui sa famille et ses employés.

– Des équipements de  production électrique photovoltaïque, biocarburant, biogaz, etc permettant l’autonomie complète de l’exploitation agricole sont inclus dans le projet et, si nécessaire, construction communale d’une habitation et des bâtiments techniques agricoles nécessaires et de la production d’énergie nécessaire (serre, grange, silos, etc)

– Un personnel compétent est ensuite recruté et assigné à l’exploitation, la transformation et la distribution

– Diversification progressive des productions agricole et montée rapide en production pour satisfaire aux besoins de base des habitants d’un village. La production supplémentaire non vendue localement est « exportée »  sur les communes environnantes ou stockée lorsque c’est possible (filière conserverie ou déshydratation)

Un exemple:  Mouans-Sartoux   

« La municipalité a acquis il y a quelque années un ancien domaine agricole de 4 hectares, le domaine de hautes Combes, en se donnant pour objectif la création d’une régie municipale agricole qui aurait pour mission de produire des légumes biologiques pour les restaurants scolaires.

Depuis 2011, un agriculteur communal a été recruté afin de produire des légumes, l’objectif étant d’essayer de «tendre vers 100 % des trente tonnes de légumes utilisés annuellement par les cantines municipales scolaires qui accueillent chaque jour les élèves de la commune.»

Un modèle différent a été choisi à Albi

En 2014, la Ville d’Albi s’est fixée l’objectif d’atteindre l’autosuffisance alimentaire à l’horizon 2020. La finalité de ce projet est l’approvisionnement des ressources alimentaires pour l’ensemble des albigeois dans un rayon de 60 km en utilisant diverses ressources :

– les jardins partagés

– les maraîchers locaux

– l’utilisation de l’espace public.

– la reconquête de certains espaces privés non utilisés

– la Ville rachète progressivement les terrains (70 ha) de la zone Canavières pour les proposer à la location à des agriculteurs avec les exigences d’agriculture biologique et de la vente de leurs produits dans un rayon de 20 km

– Un Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole pour Adultes s’est aussi engagé, sur les parcelles qu’il exploite, à créer une légumerie collective pour développer une agriculture de proximité sur les parcelles qu’il exploite

Ces deux exemples montrent qu’il est possible d’agir efficacement dans chaque commune . Néanmoins ils nous semble que les maires devraient tenir compte des deux observations suivantes

  • Il faut du temps pour mettre en place une telle production locale. La réserve de graines (non hybrides) reste une priorité. Gardées dans de bonnes conditions (froid  sec et obscurité), elles permettront de mettre très vite en route la production en cas de collapse.
  • Il reste donc nécessaire de suggérer fortement aux habitants de disposer d’un stock de conserves ou de déshydratés d’au moins quelques semaines de consommation, y compris l’eau potable nécessaire..

Les conserves : prévoir un lieu où puissent être stockées les conserves nécessaires à l’alimentation de « réfugiés urbains » pendant plusieurs mois.

Les semences de produits alimentaires variés permettant une production locale sur 2 années . Comment les acheter et les conserver dans de bonnes condition ?  Ici encore il faut prévoir une production locale d’électricité afin d’être certain de pouvoir garder les semences en zone réfrigérée et déshumidifiée.*

CHAQUE COMMUNE DEVRAIT AUSSI, DES AUJOURD’HUI,
DISPOSER DU STOCK DE SEMENCES NÉCESSAIRE

Argumentation sur la nécessité de l’AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE
au niveau communal

Qu’est-ce que l’autosuffisance alimentaire par la « Ville nourricière » ?

Autosuffisance alimentaire :

C’est la capacité d’une population donnée de se nourrir sans importer de denrées venues de l’extérieur de ses frontières. Cette notion doit aussi prendre en compte le besoin en eau potable dont l’approvisionnement continu est impératif.

Ce que dit la loi :

En France, la loi ne dit presque rien hormis pour la Polynésie. L’autosuffisance n’est plus prévue par les gouvernements depuis des décennies. Pourtant, lors de la 2e Guerre Mondiale, le peuple Français avait subi les affres de la faim.

Dans les faits :

« Rappelons qu’en France, l’autosuffisance alimentaire n’a été atteinte qu’au tout début des années 1980 : elle est le résultat d’un ensemble de systèmes de production mis en place à un moment où les gens ne mangeaient pas à leur faim. En 1950, l’Hexagone importait la moitié de ses denrées alimentaires ! Un réel exploit a donc été accompli par l’agriculture française et européenne en quelques décennies. » (Source : Nouvel Obs. article intitulé « Bio, scandales sanitaires, guerre des prix : l’agriculture française à la croisée des chemins »)

Mais notre taux d’autosuffisance alimentaire est tombé en 2009 à 83 % (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Taux_d%27autosuffisance_alimentaire)

Aujourd’hui, du fait de la politique agricole, chaque région s’est spécialisée dans un type de production alimentaire. Cela a débouché sur des monocultures nécessitant impérativement de faire appel à des modes de transports pour desservir et nourrir la population.

Les villes, par le biais de la grande distribution, ne disposent que de 3 à 5 jours de stocks alimentaires, et encore, sous réserve que les réfrigérateurs fonctionnent.

La ville nourricière :

C’est une agglomération, ville ou village, capable d’offrir à sa population, en quantité et en qualité, une autosuffisance alimentaire (ainsi qu’en eau potable) sur son territoire de façon à limiter l’impact environnemental de son activité et de ses besoins à un coût acceptable pour les producteurs et les consommateurs.

COMMENT METTRE EN PLACE L’AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE DANS VOTRE COMMUNE ?

C’est possible !

Deux exemples :

— ALBI (en Occitanie) l’organise en ce moment même !

— MOUANS-SARTOUX (PACA) gère, en régie, une ferme communale lui permettant d’assurer l’alimentation des cantines des écoles. Ce ne sont que 4 hectares de terres, mais avec le double, l’autonomie alimentaire serait quasiment acquise.

De nombreuses communes ont pris conscience de cette nécessité (voir sur https://sosmaires.org)

Les présupposés :

— Prise de conscience des élus de la nécessité d’assurer à leur population une sécurité alimentaire et une volonté de changer cette situation.

— Consultation de la population.

La prise de conscience :

Il est important de comprendre que de tout temps l’humain a été tributaire de sa capacité à suffire à ses besoins alimentaires. Les famines et les disettes ont provoqué beaucoup de morts. Il n’y a pas si longtemps en France, durant la Deuxième Guerre mondiale, les tickets de rationnement frappaient le peuple. En ce temps-là, les ruraux cultivaient leur potager et pouvaient ainsi faire face à des épisodes naturels défavorables ou des événements politiques déstabilisant la production agricole.

Nos systèmes mondialisés basés à 80 % sur les performances de la grande distribution (qui compte sur le productivisme mondial) dépendent du pétrole pour la chimie, mais aussi le transport. Un pétrole qui, de l’avis même de Patrick Pouyanné, PDG de Total, risque de manquer dans peu de temps : « Après 2020, on risque de manquer de pétrole ».

Concernant la volonté de changer cet état de faiblesse, ce risque, il est important aussi de noter que la Loi n° 2004-811 du 13 août 2004, dans son Article 3, demande aux élus d’assurer la sécurité civile en anticipant les risques. Et quel risque que celui de la famine !

Art.3 : « La politique de sécurité civile doit permettre de s’attaquer résolument aux risques en les anticipant davantage, de refonder la protection des populations et de mobiliser tous les moyens encourageant les solidarités. »

La prise de conscience nécessite de ne pas se voiler la face, de regarder la situation du pays et de son territoire avec réalisme : la France exporte des produits agricoles certes, mais n’est plus autosuffisante depuis des décennies ; les campagnes ne produisent pas de manière diversifiée ; les ruraux ne cultivent plus leur potager comme dans le temps ; nos sols se sont appauvris (voir les travaux du couple Lydia Claude et Emmanuel Bourguignon, chercheurs (ingénieure, docteur, auteurs de livres sur le sujet et fondateurs du LAMS – Laboratoire d’Analyse Microbiologique des Sols)) ; les pesticides, les herbicides et les engrais chimiques ne sont pas favorables au maintien d’une bonne santé chez l’homme.

Consultation de la population :

Dans le cadre de la démocratie, avec pour objectif la cohésion des habitants, il est important de consulter la population du territoire pour l’informer et écouter ses propositions ainsi que pour recueillir des informations allant dans le sens de l’autonomie alimentaire de la commune

Méthode de mise en place d’une ville nourricière : Cela suppose de l’organisation et un investissement tant en termes humains que financiers, mais l’enjeu et les retombées sont motivants, comme vous le verrez dans le point « L’aménagement du territoire ». Nous vous proposons une méthodologie en sept points :

1 Faire l’inventaire des exploitations et entreprises du territoire en matière d’alimentation (production, distribution) et faire le chiffrage de leurs capacités de production/distribution ;

2 Identifier et valoriser les initiatives existantes qui permettent l’instauration d’une ville nourricière ;

3 Cibler les forces et faiblesses du territoire de la future Ville nourricière ;

4 Déterminer les priorités en définissant la vision à 20 ans de la ville nourricière ;

5 Prendre les premières décisions pour que les orientations permettent de répondre aux objectifs identifiés (achat de terres, changement de destinations de parcelles ou d’espaces publics) ;

6 Élaborer un plan d’action, choisir ses partenaires,

7 Former les collaborateurs, communiquer sur le projet collectif pour créer une synergie.

L’aménagement du territoire :

Notre Histoire :

Au Moyen-âge, les consuls (ancêtres des municipalités), élus par les habitants, avaient pour missions : la sécurité extérieure et intérieure ; la salubrité ; la sécurité alimentaire. Sur ce dernier point, les consuls prenaient des décisions concernant la culture des terres afin de garantir des récoltes suffisantes, de l’élevage ainsi que le stockage de grains pour l’année suivante ainsi que pour les mauvaises années.

Au XVIIIe siècle, des arrêtés municipaux prenez ce problème en compte. Exemple à Carcassonne où le maire avait interdit la culture de la vigne sur certaines parcelles pour les consacrer à l’agriculture nourricière.

Aujourd’hui, en France, 6e puissance mondiale, l’autosuffisance n’est qu’un lointain souvenir. Le SCoT prévoit, au mieux, de protéger les zones forestières et agricoles en conformité avec la loi NOTRé. Et pourtant, nous les humains avons toujours besoin de manger et de boire pour vivre.

Il est donc du devoir du maire et de son conseil municipal de prévoir l’aménagement du territoire communal, et ce, dans le cadre du Plan Communal de Sauvegarde (PCS) et d’en faire état dans le Document d’Information Communal de Risques Majeurs.

Une gestion qui se doit d’être durable.

Une ceinture agricole périurbaine peut être une solution, mais au sein même de la zone urbaine, l’agriculture peut s’insérer en zones pavillonnaires ainsi que dans les grands ensembles (sur les toits ; sur les balcons ; dans des jardins partagés ou participatifs, dans les plates bandes devenues légumières ou fruitières au lieu d’être fleuries, par exemple) dans une démarche incluant notamment le compostage (ce qui participe à la diminution des déchets jusqu’à 30 % (Notre-Planete-info)). Un puis communal peut être creusé (ou rouvert).

Le développement économique :

Cette démarche d’autosuffisance alimentaire aura aussi un effet bénéfique sur l’économie du territoire grâce au développement des circuits courts (ventes directes du producteur aux consommateurs) et de circuits de proximité (épiceries communales, marchés réservés aux produits locaux).

Le but d’un projet de ville nourricière est de faire adhérer l’ensemble de la population à cet « environnement alimentaire » aux dimensions sociales, économiques, géographiques, éthiques, sociologiques et politiques. Il y a une offre locale connue, un choix de la consommer et une volonté de manger sainement tout en faisant vivre son voisin producteur dans le cadre d’une culture durable, respectueuse de l’environnement. Ce choix est aidé par la sécurité alimentaire qui découle la production locale et responsable mise en place.

L’outil de la ville nourricière peut être le droit de préemption, mais il est préférable d’obtenir l’adhésion des exploitants à la démarche.

Notions à explorer :

– Permaculture ;

– Biodiversité

– Multifonctionnalité agricole ;

– Haies de biodiversité, haies brise-vent ;

– Lutte biologique ;

– Zone Agricole Protégée (ZAP)

– Régie municipale

Les Maires doivent également penser à la possibilité de jardins maraîcher communaux, Si vous voulez tout savoir sur les « jardins familiaux » ou jardins ouvriers, apparus à la fin du xixe siècle, sont des parcelles de terrain mises à la disposition des habitants par les municipalités. Ces parcelles, affectées le plus souvent à la culture potagère, furent initialement destinées à améliorer les conditions de vie des ouvriers en leur procurant un équilibre social et une autosubsistance alimentaire.

En France, les jardins ouvriers prendront dans le langage officiel (pas dans le langage courant) l’appellation de jardins familiaux après la Seconde Guerre mondiale.

Aujourd’hui, ils bénéficient d’un regain d’intérêt en contribuant à créer à proximité des villes des « oasis de verdure » qui sont utiles face à la menace du réchauffement climatique1. Ils répondent aussi aux préoccupations actuelles de produire localement des légumes par des catégories de population à faibles revenus et participent à créer du « lien social » dans les zones urbanisées.


Les administrés doivent pouvoir emprunter à la bibliothèque communale un certain nombre d’ouvrages de jardinage.
Un stock de semences potagères est indispensable, mais aussi un   stock d’outils manuels de jardinage. 

Pour ceux qui voudraient se créer un petit potager (environ 120 m2), permettant d’obtenir toute l’année les légumes nécessaires pour l’alimentation de 2 personnes, nous conseillons ce petit programme de culture établi par « Nadia » productrice de graines Kokopelli,

A SOS MAIRES, nous aimons aussi  beaucoup les techniques développées dans la série vidéo  » Le Potager du Paresseux « .

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